Refonte de MultiService Paris : ce qu'on a changé
MultiService Paris fait du dépannage et des petits travaux à Paris et en petite couronne : plomberie, électricité, menuiserie, montage de meubles. Sept ans d’activité, des clients particuliers et des professionnels.
Le site, lui, ne travaillait pas. Et pas parce qu’il était laid : parce qu’un visiteur devait cliquer deux fois avant de pouvoir écrire quoi que ce soit.
Voici les six décisions de la refonte, et le raisonnement derrière chacune. Elles valent pour la plupart des sites d’artisans.
1. La demande de devis passe devant
Elle n’est plus une page à trouver : elle occupe la moitié du premier écran.
Un visiteur en recherche de dépannage n’est pas en train de vous découvrir tranquillement. Il a un problème, maintenant, et il compare trois résultats. S’il doit chercher où cliquer, il retourne sur Google et ouvre le suivant. Vous ne saurez jamais que c’est arrivé — c’est une perte qui ne laisse aucune trace.
Le numéro de téléphone, lui, apparaît à quatre endroits : la barre du haut, l’en-tête, chaque page de service, et le pied de page. Avec WhatsApp à côté, pour ceux qui préfèrent écrire — beaucoup de gens n’appellent pas depuis un bureau ouvert.
Et quatre preuves sont lisibles sans défiler : devis sous 48 h, photos avant/après, RC Pro à jour, 7 j/7 de 8 h à 20 h. Ce ne sont pas des slogans, ce sont les quatre objections que les clients posent réellement.
2. Un parcours en quatre écrans plutôt qu’un formulaire de douze champs
C’est la décision la plus contre-intuitive, et la plus efficace.
L’instinct dit qu’un formulaire plus court convertit mieux. C’est vrai d’un formulaire unique : douze champs affichés d’un coup font fuir. Mais le problème n’est pas le nombre de questions, c’est le mur qu’elles forment.
Le parcours pose donc une seule question par écran :
- Qui êtes-vous ? Particulier ou professionnel — ce choix change la suite.
- Votre besoin. Les métiers concernés, puis le délai : urgent, cette semaine, pas pressé.
- Vos photos.
- Vos coordonnées. Nom et téléphone obligatoires, le reste facultatif, avec un récapitulatif avant envoi.
Quatre écrans pour un particulier, cinq pour un professionnel. À chaque étape, la question tient en une ligne et la réponse en un clic. L’abandon s’effondre par rapport au formulaire unique, parce qu’on ne voit jamais l’effort total — seulement la question suivante.
Détail qui compte : le téléphone reste affiché pendant tout le parcours, avec la mention « plutôt par téléphone ? ». On ne piège personne dans un tunnel.
3. La photo remplace la visite de courtoisie
C’est la fonction qui justifie à elle seule la refonte.
Jusqu’à huit photos par demande, prises directement depuis le téléphone — le bouton ouvre l’appareil photo sur mobile, la galerie sur ordinateur — avec aperçu immédiat et suppression possible avant l’envoi.
L’intérêt n’est pas technique, il est économique. Sur du dépannage, un devis demandait un déplacement pour aller voir. Deux photos suffisent le plus souvent, et le texte du formulaire guide le client vers les bonnes : une vue large de la pièce, un gros plan de l’élément à changer.
Trois conséquences :
- Le devis part sans visite préalable, ce qui tient la promesse des 48 h.
- Les allers-retours disparaissent. Une photo dit en une seconde ce qu’un client non technicien mettrait trois messages à mal décrire.
- Les demandes floues se filtrent d’elles-mêmes. Quelqu’un qui prend le temps de photographier son chantier est un client sérieux.
À l’envoi, un accusé de réception immédiat rappelle le numéro pour les urgences et propose d’enchaîner une seconde demande sans repartir de zéro.
4. Les professionnels : trois catalogues, pas une mention
L’ancien site évoquait les professionnels dans un paragraphe. C’est insuffisant, et c’est une occasion manquée.
Un professionnel ne compare pas trois artisans pour un chantier : il cherche un prestataire qu’il rappellera vingt fois par an. Il ne se rassure pas avec les mêmes arguments qu’un particulier — il veut une facturation en règle, une assurance à jour, des délais tenus, et quelqu’un qui rende des comptes.
Mais « les professionnels » n’existent pas comme public unique. Un syndic de copropriété, une agence de gestion locative et une conciergerie Airbnb ont trois besoins distincts. Chacun a donc son onglet et son propre catalogue d’interventions, écrit avec le vocabulaire de ses propres documents : parties communes, ferme-portes, robinets de puisage.
C’est ce qui fait la différence entre un site qui parle du client et un site où le client se reconnaît.
Deux détails qui font gagner du temps : le bouton de devis de cette page envoie directement à l’étape « type de structure », déjà cochée professionnel ; et une plaquette PDF de deux pages, déclinée en trois versions, se télécharge pour être transmise en interne — parce qu’un syndic ne décide jamais seul.
5. Huit métiers, huit pages
Le site listait les prestations dans un bloc. Chaque métier a désormais sa page, avec la liste précise des interventions et un bouton de devis pré-orienté.
Ce n’est pas cosmétique : c’est ce qui fait remonter le site sur des recherches comme « changement de robinet Paris 11 ». Personne ne cherche « multiservice » — on cherche le geste précis dont on a besoin, souvent avec un arrondissement.
Attention à ne pas confondre avec la page satellite : huit métiers réellement différents, chacun avec un contenu propre, ce n’est pas onze fois la même page avec un nom de ville qui change. La première approche est légitime, la seconde est sanctionnée depuis mars 2024.
Découverte au passage : la serrurerie figurait dans la plaquette destinée aux syndics, mais nulle part sur le site. Une prestation vendue hors ligne et invisible en ligne — le genre d’écart qu’on ne voit qu’en mettant les documents côte à côte.
6. Une seule couleur d’accent
La direction artistique tient en trois règles.
Une seule couleur d’accent, un bronze tiré du logo, qui signale les actions et rien d’autre. Quand une couleur ne sert qu’aux boutons, chaque bouton devient évident. C’est plus efficace que de grossir le texte.
Deux fonds seulement, alternés par section. Aucun dégradé, aucun effet.
Une photo d’intérieur parisien en fond d’en-tête, plutôt qu’une image d’outils ou de camionnette. Le choix est délibéré : c’est le client qu’on montre, pas le métier. Un propriétaire se projette dans un salon haussmannien, pas dans une caisse à outils.
Les crochets d’angle du logo sont devenus le motif du site — ils cadrent les photos et les blocs clés. Une identité se prolonge, elle ne se pose pas.
Ce que ça a changé
Deux chantiers ont été menés en parallèle, et il serait malhonnête de les séparer : la refonte du site et le travail sur la fiche Google Business.
Le référencement s’est amélioré et les demandes venues de Google ont augmenté. Le site couvre désormais des recherches qu’il n’atteignait pas : une page par métier, des questions fréquentes qui répondent aux objections réelles, des données structurées qui déclarent à Google l’activité, les horaires, la zone et le catalogue, et des liens internes nommés d’après la requête qu’ils visent.
La fiche Google Business a permis de récolter des avis. C’est le levier qui agit le plus vite, parce qu’il ne dépend d’aucune ancienneté de domaine : une fiche bien tenue entre dans le pack local en quelques semaines là où un site met des mois. Et les avis font ce que ni le site ni la fiche ne font seuls — ils rassurent avant le premier contact. Le client qui hésite entre trois artisans lit les avis, et à ce moment-là ce sont les anciens clients qui défendent le travail à la place de l’artisan.
Le point de méthode, et c’est le plus utile à retenir : ces deux leviers ne se remplacent pas. La fiche capte celui qui cherche maintenant, dans le quartier. Le site le convainc et lui donne un moyen de contacter. Les avis lèvent le doute. Attribuer le résultat au seul site serait faux.
Le détail de chacun est ici : entrer dans le pack local et obtenir des avis sans les mendier.
Ce qu’il faut en retenir
Aucune de ces décisions ne demande une technologie particulière. Ce sont six choix de bon sens, dans le bon ordre :
- Mettre la demande devant, pas derrière un clic.
- Découper le formulaire en écrans, plutôt que le raccourcir.
- Demander des photos — elles remplacent un déplacement.
- Parler séparément à des publics qui n’ont pas les mêmes besoins.
- Une page par métier, avec le vocabulaire réel des recherches.
- Une seule couleur d’accent, réservée aux actions.
Et une septième, qui ne se voit pas sur le site : traiter la fiche Google Business en même temps. C’est elle qui amène les gens ; le site, lui, les convainc une fois arrivés.
C’est aussi pour ça que nous construisons la maquette avant de parler d’argent : ces choix se voient sur un écran bien mieux qu’ils ne s’expliquent dans un devis.
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