J'ai déjà une page Facebook, ai-je besoin d'un site ?
C’est une objection qu’on entend souvent, et elle est légitime : la page Facebook est gratuite, elle est déjà en place, elle a des abonnés, et elle demande dix minutes par semaine.
La réponse n’est pas « il faut un site parce que c’est mieux ». C’est que les deux n’interviennent pas au même moment, et qu’aucun ne fait le travail de l’autre.
Deux moments différents du parcours client
Les réseaux sociaux fonctionnent en interruption. Votre publication apparaît dans un fil que quelqu’un fait défiler sans rien chercher de particulier. Il découvre votre travail sans l’avoir demandé. C’est excellent pour entretenir la mémoire, montrer des chantiers, exister auprès de gens qui vous connaissent déjà de près ou de loin.
Un site fonctionne en intention. Quelqu’un a un problème maintenant, il tape « menuisier Léguevin », et il compare trois résultats. Il ne fait pas défiler : il cherche, et il est prêt à appeler dans les minutes qui suivent.
Ce deuxième moment est celui où se décident les chantiers. Et il ne passe pas par Facebook.
Ce qu’une page Facebook ne peut pas faire
Sortir sur une recherche Google. Les pages Facebook remontent occasionnellement sur le nom exact d’une entreprise, presque jamais sur « métier + ville ». Or c’est cette recherche-là qui amène un client qui ne vous connaît pas encore.
Présenter votre travail de façon durable. Un fil est chronologique : votre plus belle réalisation descend et disparaît. Un visiteur qui arrive aujourd’hui voit vos trois dernières publications, pas vos dix meilleures.
Être trouvée sans compte. Une part de vos clients potentiels n’a pas Facebook, ou n’y est plus. Une page qui demande de se connecter pour être lue correctement perd du monde en route.
Vous appartenir. C’est le point le plus important. La page est hébergée chez quelqu’un d’autre, sous des règles qui changent sans préavis. Une suspension automatique — ça arrive, souvent à tort, et le recours est un formulaire — et votre présence en ligne disparaît du jour au lendemain, avec vos photos et vos messages. Vous ne pouvez même pas prévenir vos clients, puisque le canal était la page.
Ce qu’un site ne fait pas non plus
Soyons justes dans l’autre sens.
Un site ne crée pas de conversation. Il n’entretient pas le lien avec les clients existants, ne montre pas la vie de l’entreprise semaine après semaine, et ne bénéficie pas du partage : personne n’envoie l’URL de votre page « Nos prestations » à un ami.
Un site sans visiteurs ne sert à rien non plus. Le mettre en ligne n’est pas la fin du travail — c’est le référencement local et votre fiche Google qui lui amènent du monde.
La combinaison qui fonctionne
Les trois éléments jouent chacun leur rôle :
- La fiche Google Business capte celui qui cherche votre métier maintenant, dans votre ville. C’est gratuit, c’est le plus rentable, et ça se travaille en premier.
- Le site transforme cette visite en appel : il prouve votre savoir-faire, répond aux objections, et donne un moyen de vous joindre.
- Les réseaux sociaux entretiennent la mémoire et donnent la matière — vos chantiers récents alimentent le site autant que le fil.
Ce qui fait la différence, c’est que les trois racontent la même histoire : mêmes couleurs, même ton, mêmes photos, mêmes coordonnées. Un client qui vous découvre sur Instagram, vous vérifie sur Google et vous contacte depuis votre site doit reconnaître la même entreprise à chaque étape. Quand ce n’est pas le cas, il hésite — et l’hésitation coûte l’appel.
Dans quel ordre s’y prendre
Si vous n’avez rien : la fiche Google Business d’abord. C’est gratuit et c’est ce qui rapporte le plus vite. Le site ensuite.
Si vous avez une page Facebook active : gardez-la, elle travaille. Ajoutez le site pour capter les recherches qu’elle ne captera jamais, et faites-la pointer vers lui.
Si vous avez un vieux site abandonné : une refonte coûte moins cher qu’on ne le croit, et surtout elle conserve l’ancienneté du domaine — qui est un actif qu’on ne rachète pas. Sur ce que recouvre réellement le prix : combien coûte un site d’artisan.
Un test simple
Ouvrez une navigation privée sur votre téléphone et tapez votre métier suivi de votre ville. Regardez ce qui sort, et à quelle place vous êtes.
Si vous n’y êtes pas, la question n’est plus de savoir si vous avez besoin d’un site : c’est de savoir combien de clients ont appelé quelqu’un d’autre cette semaine.
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